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sur la crête

éditions

La Janais


Photographies Jérôme Blin & Gaëtan Chevrier
Texte Anthony Poiraudeau

Format 16,5x24 cm
96 pages / 48 photographies

Couverture et dos sur carton,
sérigraphiés à la main à l’atelier LEAP (Nantes)

Edition courante
300 exemplaires

Mars 2019
ISBN : 978-2-9559747-1-1
22 € ( + 7 € de frais d’envoi )   




En 1960, lorsque l’usine Citroën de La Janais à Chartres de Bretagne sort de terre, c’est Paris qui vient en province, c’est une mine d’emplois à la clé, c’est la voiture pour tous et la voiture reine. À l’époque, l’Ami 6 est la première voiture qui sort de l’usine.

L’implantation de l’usine, occupant jusqu’à un quart de la surface de la commune, a modifié le paysage et la vie rurale en profondeur. L’arrivée de nombreux habitants, nouvelle main d’oeuvre pour l’usine Citroën, a transformé le village en une petite ville avec de nombreux équipements, signe d’une richesse nouvelle.

La Janais est un travail sur le temps, révolu pour certains, prégnant pour d’autres et à considérer pour les générations futures. Les portraits en sont les témoins contemporains. Et la nature, reprenant ses droits sur les anciens parkings de stockage de PSA (Peugeot Société Anonyme) ou dans les anciens corps de ferme, se font l’écho de l’empreinte du temps.













[…] Le 10 septembre 1960, la commune de Chartres-de-Bretagne, située à 5 kilomètres au sud de Rennes, est en émoi. Le Général de Gaulle, alors Président de la République, se rend en visite officielle sur les chantiers de l’usine Citroën, en cours de construction depuis l’année précédente sur un site dénommé « La Janais », qui signifie le « champ d’ajoncs » en gallo. C’est dire le symbole que représente cette implantation, affichée comme le fleuron de la politique de décentralisation industrielle des années 60. Il ne s’agit pourtant pas de la première usine de Citroën sur place, puisqu’une usine de fabrication de pièces en caoutchouc s’est installée plusieurs années avant à Rennes. Mais cette fois, il ne s’agit plus de produire des pièces détachées ; La Janais est une usine dite « terminale », conçue pour livrer 2000 véhicules par jour. Tout un symbole. […]

[…] L’implantation de La Janais s’inscrit dans un contexte historique général, tout en présentant certaines particularités remarquables. Si les années 60 sont une période vue a posteriori comme économiquement florissante (les « Trente Glorieuses »), certaines industries anciennes ont déjà amorcé un déclin rapide : les mines, le textile, puis la sidérurgie et les chantiers navals périclitent. La France industrielle, surtout concentrée au nord et à l’est d’un axe Le Havre-Marseille, doit se recomposer. Les pouvoirs publics cherchent alors à favoriser l’installation de nouvelles industries dans les régions touchées, via des mécanismes incitatifs : l’automobile, mais aussi l’électronique sont perçues comme des secteurs porteurs d’avenir pour ces zones. En 1969, Citroën implante ainsi une usine de boîte de vitesse à Metz, tandis que Renault et Peugeot s’associent pour ouvrir une usine de moteurs dans le Pas-de-Calais. Dans l’ouest de la France, les choses sont un peu différentes car l’industrie y est moins développée. […]


Extrait du texte produit dans le cadre du projet par Séverine MISSET,
maîtresse de conférences en sociologie au CNRS





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